17/08/2026
Le tourisme est souvent présenté comme l’un des piliers de l’économie tricolore. Avec plus de 90 millions de visiteurs étrangers en 2023 (Atout France), la France conserve sa place de première destination touristique mondiale. Selon l’INSEE, le secteur représente environ 7,5% du PIB, soit près de 170 milliards d’euros. Mais derrière ces chiffres flatteurs, le monde du tourisme est tout sauf immobile : nouvelles attentes des voyageurs, digitalisation accélérée, contraintes réglementaires accrues, enjeux environnementaux… Pour l’acquéreur potentiel, il est crucial de dépasser les apparences.
Le premier réflexe lorsqu’on parle de reprise dans le tourisme est souvent l’hôtellerie ou la restauration. Or, le spectre est bien plus large. Quelques-uns des principaux segments où des opportunités existent :
Chaque segment a ses dynamiques propres en termes de rentabilité, de saisonnalité, d’exposition aux crises, mais aussi de exigences réglementaires et de profils de clientèle.
Même si la fréquentation subit des variations cycliques ou conjoncturelles (crises sanitaires, mouvements sociaux, géopolitique), la France bénéficie d’un socle unique. Diversité des paysages, capacité d’accueil, accessibilité, patrimoine matériel et immatériel… Le marché intérieur reste robuste (plus de 60% des nuitées sont le fait de résidents selon DGE), et le retour des clientèles internationales, notamment américaines et asiatiques, tire la reprise depuis 2022.
Selon la Fédération Nationale de l’Hôtellerie de Plein Air (FNHPA) et le cabinet KPMG, plus de 8 000 campings changeraient de mains d'ici 2030, la moitié étant exploités par des indépendants en âge de partir à la retraite. Nombre de PME familiales du tourisme ne sont pas optimisées en matière de gestion, marketing ou numérique et offrent donc une marge de progression évidente pour un repreneur structuré.
Contrairement à certains mythes, la rentabilité moyenne des entreprises du tourisme peut être faible, surtout pour les petites structures fortement saisonnières. Selon le cabinet Xerfi (2023), la rentabilité nette tourne souvent autour de 3% à 5% pour les hôtels indépendants en province, avec de fortes disparités. La concurrence, notamment des plateformes collaboratives (Airbnb, Booking.com), pèse sur les marges.
Classements hôtelier ou camping, normes ERP (Établissement Recevant du Public), accessibilité, hygiène, sécurité incendie, autorisations d’urbanisme en ZRR (Zone de Revitalisation Rurale), réglementation sur la fiscalité touristique… Le respect du cadre réglementaire est parfois complexe et coûteux en investissement. Négliger ces aspects lors de la reprise peut coûter cher.
Une reprise ne s’improvise pas. Quelques axes stratégiques d’analyse lors de l’audit de l’entreprise convoitée :
| Questions à se poser | Pourquoi c’est important |
|---|---|
| Quelle est la part de clientèle internationale/nationale ? | Pour mesurer l’exposition aux chocs extérieurs et anticiper la saisonnalité |
| Quelle part des réservations provient de plateformes/OTA ? | Trop de dépendance à un canal réduit les marges |
| Quels travaux/investissements à court ou moyen terme ? | Un parc immobilier vieillissant peut nécessiter de lourds investissements |
| L’équipe en place est-elle fidélisée ? Voudra-t-elle rester ? | Le départ massif des salariés clés est un risque sous-estimé |
| L’établissement dispose-t-il d’une notoriété suffisante ? | Une bonne e-réputation est un accélérateur de la reprise |
Le succès n’est pas lié au hasard mais à la préparation et au profil de l’acquéreur. Sur le terrain, on constate que ceux qui tirent le mieux leur épingle du jeu partagent certains points :
Reprendre une entreprise dans le secteur du tourisme en France n’est ni une utopie ni un eldorado instantané. On y trouve de vrais relais de croissance, mais aussi des pièges à éviter. Ce marché reste une formidable fenêtre d’opportunités pour des repreneurs capables de conjuguer gestion rigoureuse, vision tournée vers l’expérience client, digitalisation et responsabilité environnementale. Bien accompagné(e) et bien préparé(e), la reprise dans le tourisme peut devenir un projet porteur… à condition d’y consacrer la même énergie et le même professionnalisme que dans tout autre secteur stratégique.
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